Redecilla del Camino – Burgos – León 0km

Les Allemands se sont levés à 6h00, toujours en slip et sont partis en laissant la fenêtre grande ouverte. Notre bus passe entre 9h30 et 10h00. La cathédrale de Burgos est de toute beauté, bien que l’entrée soit payante (réduction avec présentation de la crédentiale). Architecture gothique très aboutie.

Façade

Gothique abouti

Nous prenons ensuite le bus jusqu’à León ce qui nous permet de traverser la meseta espagnole qui est une gigantesque plaine, toute plate, toute plate qui nous rappelle un peu notre traversée des Prairies au Canada. Nous ne connaîtrons pas les journées de marche sur une route de terre toute plate, toute droite avec rien que des champs sur les côtés.

Quelque part entre Burgos et León

Nous dormons à l’auberge municipale qui doit être une des seules à ne pas avoir de couvre-feu, du coup une des Coréennes du dortoir rentre à 7h du mat pour se coucher tandis que nous nous levons.

Nájera – Redecilla del Camino 34km

Départ tranquille, beaucoup s’arrêtent prendre le petit-déjeuner au premier village, nous continuons.

Tout droit
Un homme et son destin

Pique-nique à Santo Domingo de la Calzada.

Nous disons au revoir à un groupe de Coréens

Les 2 pharmacies de la ville n’ont rien contre les chinches alors qu’il existait un produit en vente sur la voie d’Arles. Deuxième partie de l’étape sur une sorte d’autoroute piétonne au bord de la nationale, pas génial.

Par là

Nous arrivons au gîte où l’on apprend que le bar-épicerie-boulangerie est en congés annuels, mais notre hospitalière nous a acheté des pâtes et des œufs. Nous retrouvons le couple d’Allemands. Nous attendons le Mexicain et faisons en sorte de lui laisser un lit qui ne touche pas les nôtres au cas où il traînerait encore des chinches. La carte nous montre que les prochaines étapes ne seront pas forcément très agréables, alors nous prendrons le bus pour Burgos demain.

Logroño – Nájera 31km

Petit-déjeuner buffet à l’hôtel. On a le ventre bien plein en sortant, ce qui nous permet de tenir jusqu’au soir en grignotant seulement un peu le midi.

Le soleil tape
Photo artistique d'un arbre d'automne en contre-jour
Nájera

Étape pas trop intéressante, on est souvent au bord de l’autoroute, l’entrée de Nájera est assez moche. Albergue donativo. Il n’y a qu’un seul grand dortoir. La majorité des pèlerins ont moins de 40 ans. Les retraités sont en minorité. Alberto, un Mexicain, nous montre ses piqûres de « chinches » (punaises de lit). Il dit que le gîte de Pamplona en est infesté. On a eu de la chance d’aller à l’auberge de jeunesse cette fois-là. Nous rencontrons aussi nos premiers jeunes « marginaux » qui se sont fait inviter à manger par d’autres pèlerins et qui n’ont même pas fait la vaisselle. Il y a aussi un couple de retraités gays allemands qui se promènent juste en slip entre les douches et le dortoir mixte. Pour le concours, nous les plaçons à égalité avec Mamie Culotte qui elle gardait son tee-shirt, mais allait jusqu’à la cuisine.

Los Arcos – Logroño 30km

Nous ressentons encore l’étape d’hier (fatigue musculaire surtout), nous marchons tranquillement. Il y a du monde sur le chemin au départ, on ne peut plus faire un petit pipi quand on veut. Les distances entre les marcheurs augmentent avec le temps. On est loin de la haute saison. Arrêt à Viana pour manger. Il ne fait pas très chaud et nous nous refroidissons en pique-niquant.

Symphonie des couleurs

C’est l’anniversaire de F. et en plus on est crevés. On se paye l’hôtel ce soir. Nous essayons de débusquer un restaurant, mais c’est peine perdue. Il n’y a que des bars à tapas enfumés (les bars, pas les tapas !). Nous en essayons un. C’est pas mauvais, mais c’est cher pour ce que c’est.

Puente la Reina – Los Arcos 44km

Départ 8h, arrivée 17h30
Grosse étape aujourd’hui. Avec les fermetures d’établissement, on a le choix entre 2 étapes de 22km ou une de 44. Comme tout va bien en ce moment, toc toc toc, on touche du bois et qu’on est bien habitués à marcher, des étapes de moins de 25 km sont trop courtes. Le temps était menaçant, nous avons eu quelques gougouttes mais pas assez pour se plaindre. Nous pensions trouver tous les magasins fermés en ce lundi de Toussaint, mais en fait non.

Le soleil illumine le village vers lequel nous nous dirigeons
Arc-en-ciel = soleil + pluie

À Ayegui, découverte étonnante : une fontaine à vin ! À côté une fontaine à eau. Tu peux remplir ta bouteille gratos pour trinquer, c’est dans la tradition d’accueil des pèlerins. Le vin n’est pas mauvais, mais nous n’abusons pas. Par contre, nous dépassons un français qui n’a visiblement pas fait preuve de modération. Il zigzague un peu.

Par ici la fuente de vino
À gauche le vino, à droite el agua
Attention à la boue !
C'est encore loin ?

À l’auberge, nous dormons avec des Coréens et des Japonais. Tout le monde nous avait dit qu’il avait plein de Coréens sur le chemin, mais ce sont les premiers que nous rencontrons. Il n’y a que des jeunes dans le dortoir ! On voit vraiment une différence par rapport à avant.

C'est par là !

C’est aujourd’hui, 1er novembre 2010 que j’ai terminé mon premier marathon (44km en fait), en moins de 10h (9h30) avec une dizaine de kilos sur le dos, un arrêt à la fontaine à vin et un sandwich fromage saucisson. J’espère que mon ami ironman est fier de nous ;-)

Pampelona – Puente la Reina 25km

C’est sous un ciel menaçant que nous entamons la montée du Perdón (330m de dénivelé).

En sortant de Pampelune
Pampelune au loin
Col du Perdón

Il ne pleuvra qu’à la fin de l’étape.

Les nuages jouent avec le soleil

Il y a beaucoup plus de monde sur le Camino Francés que sur la voie d’Arles ou le Camino Aragonés.

Plus de marcheur et aussi des cyclistes

Nous rencontrons un couple de Belges et un autre de Picards qui s’arrêtent à l’hôtel. Le Belge en est à son 8ème Camino. Nous allons au gîte à 4 euros la nuit, c’est propre, confortable et chauffé. Nous aurions pu essayer de marcher plus, mais de nombreux hébergements ferment à la Toussaint, ce qui limite les possibilités.

Dans Puente la Reina, Halloween ou pas ?
Le fameux pont de Puente la Reina

S’il ne pleut pas trop et que tout va bien, on fera 44km demain.

Santa Cilia de Jaca – Pamplona 0km

Il n’y a pas de magasins dans les prochains 55km et le week-end de la Toussaint risque de compliquer l’affaire. Nous décidons de prendre le bus pour Pamplona (Pampelune) et y passer la journée. Nous quittons le Camino Aragonés pour rejoindre le Camino Francés, une étape avant la jonction vers Puente la Reina. Heureusement qu’il n’y a pas de taureaux lâchés dans les rues de Pamplona à cette époque de l’année. La ville est agréable, nous pensions y rester 2 jours, mais au final, on n’y restera qu’une seule nuit.

Pamplona

Villanúa – Santa Cilia de Jaca 32 km

Départ par la variante du GR (moins de route).

Pour les amateurs de géologie

Peu avant El Castillo de Jaca, la Guarda Civil nous arrête pour un contrôle d’identité. Comme d’habitude, c’est le petit bronzé qui retient toute l’attention alors qu’un coup d’œil sur le passeport du grand aux yeux bleus suffit. Le sentier est très bien balisé.

Camino de Santiago

Nous traversons plusieurs ponts piétonniers récents. À Jaca, nous avons faim et recherchons un resto ouvert à midi et ce n’est pas si simple, les Espagnols mangent de 14 à 16 h. Accaparés par nos recherches, nous loupons la cathédrale ! Le chemin vers Santa Cilia est encore caillouteux, nous croisons souvent la route, mais restons à l’écart.

Après la montagne, la plaine
La plaine
À l'entrée du village, on sent qu'on est au bon endroit

Arrivés au gîte, il y a une fête d’Halloween avec plein d’enfants. Une affiche à l’entrée nous dit de nous installer et que la responsable passera en fin d’après-midi. Nous nous installons, prenons nos douches et faisons notre lessive. Nous pensions trouver une petite boutique d’alimentation, mais en fait non. Les bars ne servent pas à manger. Une autre affiche dans la cuisine nous dit que le repas du soir est servi à 20h. L’affiche est en espagnol et en mauvais anglais. Des pèlerins ont corrigé l’anglais et ont ajouté : ou 20h30 ou 21h00… Effectivement, le responsable arrive à 20h45 et il nous propose de nous faire à manger. Il remarque que les tables ont bougé, il n’était pas au courant pour la fête. Repas succulent, bonne nuit de repos.

Forges d’Abel – Somport – Villanúa 23 km

Notre guide du GR nous recommande de prendre le bus jusqu’aux Forges d’Abel parce que la traversée de la vallée d’Aspe comprend des bouts où l’on doit marcher sur le bord d’une route montagneuse étroite où circulent beaucoup de camions, ce que nous faisons. Le GR est d’ailleurs interrompu et nous le reprenons là où il recommence.

Au départ de l'ancienne route d'Espagne

Nous avons sauté les étapes depuis Pau pour 2 raisons : nous voulons franchir les Pyrénées avant la neige et nous devons être à St Jacques le 16. La montée de 600 m de dénivelé se fait en douceur.

Pyrénées
Un coup d'œil en arrière
La montagne a rendez-vous avec la lune

Nous rencontrons un peu de neige au sol à quelques endroits ombragés, mais nous avons passé la plus grande partie de la journée en tee-shirt.

La tempête de neige de la semaine dernière a laissé des traces

Arrivée au col du Somport, 1640m, le point le plus haut des chemins de Compostelle. Cela fait des siècles que c’est un point de passage important des Pyrénées et lorsque l’on regarde un plan des Pyrénées en relief, on comprend bien pourquoi.

Col du Somport
Une frontière sans douaniers, c'est un peu comme Milan - San Remo

La descente du côté espagnol se fait sur un chemin souvent caillouteux.

Couleurs d'automne
Dans la vallée
Pont romain

Nous dormons au bar-auberge du Triton qui est en rénovations, le proprio est sympa.